2 enfants avec 20 mois d'écart

C’était un samedi, à quelques jours du 1er anniversaire de mini-louve. Nous nous étions arrêtés à la pharmacie pour acheter un test de grossesse. Le deuxième. Le premier, acheté et réalisé en cachette de papa loup, s’était révélé négatif. Je n’avais toujours pas mes règles. J’avais besoin de constamment faire pipi (cliché ou stress, à ce moment je ne le savais pas encore). De retour à la maison, nous feignions chacun d’avoir oublié cet achat. Je suis allée discrètement sur les toilettes avec mini-louve (oui, quand on devient maman, plus de moment d’intimité) en priant de ne pas être enceinte, pas déjà, pas si tôt… mais avec l’espoir enfoui très profondément que je voulais que ce soit positif. 1 minute d’attente pas nécessaire, la croix s’est affichée. Je n’étais pas folle. Ce besoin constant de faire pipi avait une cause. Elle grandissait en moi depuis moins d’un mois. Les larmes de joie d’abord puis de panique. Bébé est là depuis mars. Je compte sur mes doigts pour savoir quand il va arriver. Décembre 2017. Je recompte. Même résultat. Comme si compter plusieurs fois allait modifier la date de mon terme. Je vérifie sur des appli. Même constat. 2017. Mini-louve est arrivé en 2016. Je pense que j’aurai moins paniqué si bébé arrivait en 2018, même si c’était janvier 2018: « ça faisait 2 ans d’écart, véritablement 2 ans ».

Quand nous avons annoncé à papa loup le positif du test. Ses larmes sont montées. Sa première réaction a été de compter, lui aussi. 20 mois exactement allaient séparer nos enfants. 20 mois. 20 mois, ce n’est pas 2 ans. Les mois ont leur importance lorsque les enfants sont en bas âge. Chaque mois, ils évoluent. Chaque mois est une étape. Nous avons mis du temps à annoncer cette grossesse. Nous avons mis du temps car nous n’avions pas planifié que ce bébé arrive si tôt dans nos vies. Je n’aime pas parler d’accident car ce n’est pas un accident. Je ne veux pas que mon fils pense qu’il n’était pas désiré parce qu’il l’était, mais juste pas à ce moment de nos vies. Je lançais tout juste A pas de louves. Ma fille commençait à peine à marcher. Comment allais-je m’en sortir ? Allais-je devoir tout arrêter ? Comment allais-je lui expliquer que bientôt elle ne serait plus toute seule ? Comment avoir un autre bébé quand la plus grande ne faisait pas encore ses nuits et refusait toute forme de nourriture autre que le sein ? Comment allais-je survivre surtout à toute cette fatigue accumulée qui était de loin pas terminée ? Allais-je aimer ce bébé si j’étais autant angoissée de l’accueillir dans nos vies ? J’avais 9 mois pour répondre à toutes ces questions.

 

Nous avons mis bien 5 mois avant de le dire à nos proches. 5 mois pour entendre des « quoi, déjà ? », « vous êtes bien courageux ! », « vous n’avez pas la tv. » ou « comment allez-vous faire avec les escaliers ?». Annoncer un 2ème enfant n’a pas du tout la même magie que pour le 1er, pourtant j’aurais aimé que l’on prenne soin de moi autant que pour la 1ère , surtout dans ce cas de figure. J’aurais aimé voir la même étincelle dans les yeux de nos proches, de mon conjoint, mais je ne l’ai pas vue. J’avais besoin de parler, partager ces nouvelles interrogations, mes peines. Je l’ai exprimé, mais j’ai vite compris que je devais les taire. Je devais être heureuse, point. Je devais me dire qu’il n’y a pas de bon moment pour avoir un enfant, point. Plein de mamans rêvent de tomber enceinte si facilement, point.

 

J’ai vécu une grossesse plutôt chouette malgré des nausées au premier trimestre. J’ai beaucoup plus pleuré que pour ma première grossesse. J’ai aimé mon bébé d’un amour fou à l’instant où je l’ai vu sur l’écran. J’ai passé des heures à expliquer à ma fille que j’allais l’aimer toujours et que je ne voulais pas qu’elle m’en veuille. J’ai promis à ce bébé que je le protégerai contre vents et marées. J’ai pu choisir son prénom. Je n’ai pas eu peur d’accoucher. J’ai fortuitement vu le sexe de mon bébé. Un fils. Le choix du roi.

 

Finalement, ce n’était pas 20 mois d’écart, mais 19. Ce bébé surprise avait trop d’impatience de faire partie de notre famille. Il avait bien raison car il a apporté une joie folle avec ses sourires ; un bonheur sans limite ; des larmes de joie à voir mes 2 enfants s’aimer quoiqu’il arrive même si le monde devait s’écrouler autour d’eux.

Aujourd’hui mini-loup a 6 mois, mini-louve a 2 ans. 2 ans. 😉

 

Les plus :

 

-        On m’avait dit que j’allais galérer dans un premier temps, mais ce n’est pas vrai. Les choses se sont faites en douceur. Mini-loup est un bébé calme et qui pleure très peu. A la maternité, nous avons dormi ensemble tout de suite. Je l’ai eu en porte-bébé, chaque jour, afin d’avoir les mains libres pour m’occuper de sa sœur.

-        J’avoue que j’ai eu de la chance car mini-louve a marché très vite et appris à monter puis descendre les escaliers. Ce qui fut d’un grand soulagement durant toute la grossesse

-        Je n’avais pas encore redistribué les affaires de puériculture de mini-louve donc nous n’avons quasiment rien eu à acheter.

-        On m’avait dit qu’ils allaient être proches. Je n’y croyais pas trop, mais ils le sont. Lors de leur première rencontre, Mini-loup a tout de suite cherché du regard sa sœur & Mini-louve a naturellement pris dans ses bras son frère. Elle a su dire son prénom tout de suite. Depuis, c’est la 1ère personne qu’elle me réclame le matin. Quand il est vers elle, il la regarde avec une explosion d’amour, rigole dès qu’il sait qu’il a toute son attention.

-        Si j’avais trop réfléchi, je n’aurai peut-être pas fait de 2ème enfant car j’aurai repoussé sans jamais me sentir prête.

-        Je n’ai pas du tout eu peur d’accoucher. Je connaissais tout par cœur. L’hôpital. La salle d’accouchement. Les chambres. Les allées et venues du personnel dans la chambre.

-        Je crois surtout qu’avoir un 2ème enfant si vite m’a permis d’être moins exigeante avec la grande, d’être moins sur son dos… et de l’observer grandir.

-        Avoir 2 enfants m’a permis de lâcher prise. Ma maison n’est pas toujours parfaitement rangée chaque soir ni ma vaisselle faite régulièrement… et puis ni mon repassage ou mon ménage.

-        Prendre le temps …. De les regarder rire, se découvrir, interagir, se parler, se regarder.

 

Les "moins" :

 

-        Avoir si vite un enfant, la fatigue est réelle car vous gérez 2 petits avec des besoins différents mais très demandeurs de la présence de maman.

-        Devoir dire non plus souvent au grand car on s’occupe du plus petit alors que si il avait été tout seul, nous aurions probablement été plus indulgent.

-        Constamment gérer que chaque enfant ait reçu assez d’attention et les féliciter pour chaque attitude de compréhension qu'ils ont à l'égard de l'autre(enfin surtout pour la plus grande)

-        Laisser pleureur le dernier plus longtemps car il faut gérer la colère ou pleurs du plus grand.

-        Toujours se raisonner afin de ne pas demander au grand de grandir plus vite  et respecter son rythme.

-        Accepter que le dernier soit réveillé de sa sieste car le plus grand choisit de jouer avec le jouet le plus bruyant qui existe au monde ou crie ou pleure ou rigole trop fort.

-        Apprendre à lâcher-prise

 

 

(liste absolument pas exhaustive)

 

Mais je vous l’assure, c’est énormément de bonheur. Avoir un 2ème, c’est vraiment 2 fois plus d’amour.